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21 déc 2009

Notre beau métier…

Nos très chers cerveaux de la commission européenne de Bruxelles ont organisé un concours de ”dessin” auprès des étudiants en design afin de créer la future identité du label Agriculture Biologique Européen qui sera -à partir de Juin 2010- présent sur tous les packs des produits Bio produits dans la communauté européenne (27 états membres, rien que ça !!).

Plutôt que de pousser un coup de gueule, je préfère vous faire suivre une lettre écrite par Gilles Deléris (Président de l’ADC) publiée par Design Fax, qui résume assez bien la situation.

Prenez le temps de la lire, ça résume bien l’idée que les bureaucrates se font du design et de ses professionnels…

Vive le bio, vive l’Europe et vive le Design.

Gilles Deléris : La fausse première bonne idée du concours étudiant

“Le concours étudiant pour résoudre une problématique. C’est en général la première idée qui vient à une commission. Il faut encourager les jeunes et impliquer sur ces questions des jeunes porteurs d’avenir… Première idée, toujours la même, sempiternelle. Apparemment généreuse et prospective, cette idée est démagogique. Chacun s’accorde à penser qu’un professionnel expérimenté et talentueux saura inventer des solutions plus qualitatives que celle de jeunes aspirants aussi prometteurs soient-ils.

Il est clair qu’un juriste ne confierait pas la rédaction d’une loi fiscale européenne à un étudiant en seconde année de droit et qu’Arianespace compte sur ses ingénieurs chevronnés pour concevoir les lanceurs du futur et non sur des BAC+2. Il en ressort une hiérarchie implicite des métiers qui supposent que l’expérience est une vertu pour les uns et ne présente pas d’intérêt pour les autres. Que la création d’un signe, pourtant diffusé à des millions d’exemplaires, n’est pas un enjeu suffisant pour en confier sa création à des experts avertis… Et que l’information des citoyens peut se satisfaire d’une solution approximative dès lors que l’on se sera abrité derrière le choix du public…

C’est la seconde observation : le process du concours est aggravé par son mode de décision. Plus de 3400 signes produits ! 100 présélectionnés par un jury, puis 3 soumis au vote des internautes. La machine est enclenchée de telle sorte qu’il faudra choisir l’un d’entre eux sans avoir le loisir d’approfondir sérieusement le travail, comme c’est le cas lorsqu’on suit un process professionnel. C’est une conception légère, superficielle de nos pratiques qui prévaut ici, confirmée par le montant des récompenses accordées aux lauréats. C’est le 3e point. 6000 euros pour le premier, 3500 pour le second, 2500 pour le troisième prix…Soit 12000 euros investis dans la création d’un signe “qui pourra être reproduit sur des millions d’emballages de produits”. Ces sommes, importantes pour des étudiants, sont dérisoires pour les professionnels qui auraient été conduit à travailler sur un sujet équivalent de création de marque. Non content de dévaloriser une profession qu’on oublie de solliciter, on laisse à penser que 12000 euros sont la juste rémunération d’un travail de cette nature.

Rappelons que le design est pourtant un vecteur d’innovation, de succès, de cohésion interne majeur pour les marques, pour les entreprises, pour les organisations. De nombreuses réussites en attestent, de nombreux industriels en sont convaincus, de nombreuses institutions semblent également l’avoir compris et prennent des initiatives dans ce sens. Il est regrettable que cette démarche, pavée de bonnes intentions, donne des signaux contradictoires. Rappelons encore que le modèle économique des agences de design est fragile. Il ne prend appui que sur les honoraires et le temps passé de nombreux talents garantissant la bonne fin d’un projet. Des créatifs, des consultants, des fabricants, travaillent conjointement pour élaborer des solutions inventives, opérationnelles, pérennes, offrant à leurs clients une disponibilité de tous les instants. À l’heure où l’on appelle à la responsabilité sociétale des acteurs économiques, il serait bon que les passeurs d’ordre institutionnels apportent leur soutien à ce secteur d’activité, tout simplement en leur passant commande dans des conditions normales et conscientes de leur valeur ajoutée. Enfin, rappelons, non sans ironie, que ce sont les agences de design qui accueilleront demain les participants au concours en leur offrant un job, un métier, un avenir… si elles en ont encore les moyens.”

LES LOGOS :

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Pour voter, si le cœur vous en dit… :

http://ec.europa.eu/agriculture/organic/logo/voting/voting_fr.htm

Pour voir à quoi vous avez échappé… :

http://www.facebook.com/group.php?v=photos&ref=search&gid=85375798276

5 juin 2009

Coup de gueule 2 !!!

charlie

17 avr 2009

Tati et sa pipe

Inauguration de la rubrique Coup de gueule par Jeff

Au-delà du ridicule absolu de mettre un jouet tout autant ridicule à la place de la fameuse pipe de Jacques Tati, se pose la question de l’application de la Loi Evin.

Cette loi doit-elle être toujours bêtement appliquée au détriment de la propriété intellectuelle ? Parce que c’est de cela qu’il s’agit. Une photographie est une oeuvre. D’autant plus que celle-ci fait vraiment partie de notre patrimoine culturel.

Après Sartre et Camus (suppression de la cigarette dans la main), Lucky Luke (brindille à la bouche à la place de la cigarette) et certainement d’autres, quand va-t-on arrêter ces anneries et 1- respecter les artistes et la propriété intellectuelle 2- se poser les bonnes questions en amont. Pensez-vous réellement que cette affiche risquait d’augmenter le nombre de fumeurs de pipe ? Moi j’en doute… mais votre avis m’intéresse. Promis, il n’y aura pas de représailles s’il y a avis contraire :-) .
Pour rappel, Pixelis c’est aussi un espace libre de discussion, pas sur le taf mais sur la société ça passe :-) !

tati